Rigobert Song : " Je suis un miraculé "

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Hospitalisé depuis début octobre, Rigobert Song va mieux. L’ancien défenseur du RC Lens est sorti du coma. Une bonne nouvelle pour les Camerounais qui craignaient le pire pour celui qui a pris sa retraite en 2010. Dans une interview accordée à L’Équipe, le natif de Nkenglikok a assuré qu’il était un « miraculé ». Découvrez les incroyables confidences de Rigobert Song.

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Le récit de son AVC

song

« J’étais devant la télé, sur mon canapé, à l’étage de ma maison, à Yaoundé, et j’ai ressenti un gros coup de fatigue. J’avais laissé ma porte ouverte parce que quelqu’un devait venir. Si ma porte avait été fermée à clé, c’était terminé... Ma famille était à Paris. Mon chien s’est mis à aboyer, l’animal a peut-être ressenti quelque chose...

Le gardien est monté sans oser entrer. Puis la personne que j'attendais est arrivée. Heureusement... Et là, ils me voient sur le sol. Ma chance, c’est d’être tombé sur le côté́, donc ma langue sortait. Mon gardien m’a parlé : “Boss, qu’est-ce qui ne va pas ?” Je ne répondais pas, il est allé chercher une cuillère pour me bloquer la langue.

En fait, ma tension était à 25 et tout a explosé dans ma tête. Le sang a commencé à sortir de mon nez car j’étais incliné, mais si j’avais eu une autre position, il aurait pu envahir le cerveau et je serais “autre chose” aujourd’hui... Je n’ai quand même pas fait les choses à moitié, 25 de tension, c’est pas mal non ? (Rire.) »

Le coma

Rigobert song

" C’était comme un rêve, c’est incroyable. On découvre des choses qu’on ne soupçonnait pas. J’ai découvert mes parents. J’ai perdu mon père à neuf ans, mais je le reconnais- sais. J’ai rencontré la famille partie qui me disait : “Tu fais quoi ici ? Tu dois rentrer.” Mon homonyme, qui est le père d’Alexandre Song (Rubin Kazan) et le frère aîné́ de mon père, était aussi en train de me repousser. Et ils me répétaient tous sans cesse :

“Tu fais quoi ici ?” Et à force de les entendre me dire que je devais rentrer, de les entendre me pousser à ne pas les rejoindre, à ne pas mourir, j’ai commencé à bouger ou plutôt à me débattre. J’étais attaché, mais j’ai tout arraché. J’avais une puissance incroyable ! Je me bagarrais ! Et ils m’ont replongé dans le coma car je bougeais trop. J’enlevais tous les tuyaux, je criais :

“Libérez-moi ! libérez-moi !” Quand le médecin me voit aujourd’hui, il me dit : “Monsieur Song, on a eu des cas mais vous êtes exceptionnel. Sur quarante cas, trente sont partis et les dix qui restent ont des séquelles. Vous êtes impressionnant.” Il y a peut-être Dieu aussi... "

Sa vision de la vie

" Aujourd’hui, j’essaye de comprendre les choses différemment. On ne voit plus la vie comme avant. La vie est belle. Je vais faire attention à plus de choses, ne pas fumer, boire. D’ailleurs, la cigarette, je ne supporte déjà̀ plus l’odeur. Je n’avais jamais eu de problèmes de santé, sauf un gros cœur, comme beaucoup d’Africains. C’est ce qu’on avait constaté en Turquie, au club de Trabzonspor.

Et on m’a donné des médicaments pour l’hypertension. D’ailleurs, mon erreur, c’est de ne pas les avoir pris les deux mois avant mon AVC parce que je me sentais bien. Maintenant, je les aurai dans la poche tout le temps. (Rire.) Vous savez, quand je repense à tout ça.... Je suis arrivé à Paris, il y avait un monde fou, m’a-t-on raconté.

On a dit que l’opération durerait trois heures, elle a duré neuf heures. Et toutes ces personnes ont vu passer des patients décèdes sur des brancards, recouverts par un drap. Ils croyaient que c’était moi. Tout le monde a pleuré, c’était comme un deuil national. Je suis vraiment revenu de très loin...

Je me souviens de notre frère Marc-Vivien Foé (2). On était le matin ensemble, dans le vestiaire ensemble, sur le terrain ensemble, on se parlait, et il est parti... Les choses peuvent très vite changer. Je le sais encore plus aujourd’hui, car je suis un miraculé́. "

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